Manifeste

Le manifeste

Par ce manifeste, nous souhaitons exprimer notre capacité d’utopie, notre force de proposition et notre vigilance au service d’une vision solidaire, humaniste et responsable de la société.

La solidarité, c’est veiller à ne laisser personne au bord du chemin et à ce que chacun participe selon ses moyens au financement des fonctions collectives. La solidarité doit être complétée par l’égalité. Promouvoir l’égalité signifie donner aux personnes les moyens de se libérer ensemble des contraintes imposées par le milieu d’origine ou l’environnement social. Pour nous, l’égalité ne se limite pas à l’égalité des chances. Elle vise à permettre à chacun d’obtenir le même épanouissement. L’égalité, c’est aussi veiller à ce que tous les citoyens disposent de droits identiques dans tous les domaines de la vie sociale : accès aux services publics, aux biens collectifs, au logement, à la santé, plein exercice de la citoyenneté...

L’humanisme se réfère à la personne en relation à l’autre, en relation avec la communauté. C’est pourquoi nous voulons que soient reconnus comme lieux de construction de la personne, la famille, l’école, le travail et le monde associatif, notamment celui spécifique à la jeunesse. La réalisation personnelle, qui articule souci de soi et investissement collectif, se manifeste dans les actions menées au sein du monde associatif : celui-ci et le secteur public sont en effet bâtisseurs, tous deux, de solidarité et de cohésion sociale. L’intégration de la personne dans la société passe par l’emploi, source de reconnaissance sociale et d’autonomie.
Il est indispensable dès lors de créer un cadre économique qui contribue au plein emploi et à de meilleurs emplois.

La responsabilité est une valeur qui doit guider les pas avant tout des hommes politiques et des dirigeants des secteurs privés et publics mais aussi des citoyens. Elle requiert de chacun de prendre en considération les générations futures ainsi que les autres Nations, particulièrement les pays en développement. Dans la sphère politique, la responsabilité, c’est aussi maintenir la vigilance par la réflexion et l’action et œuvrer à une gouvernance publique. La responsabilité nous amène également à promouvoir l’initiative, que cela soit dans le domaine de l’économie marchande et non-marchande ou de la citoyenneté.

L’Etat a un rôle irremplaçable à jouer pour assurer une juste redistribution des revenus et une régulation de l’économie de marché. Nous défendons au niveau européen le modèle de l’économie sociale de marché et au niveau belge les principes fondateurs de notre modèle social, en particulier le rôle des partenaires sociaux, la liberté syndicale, la concertation et la négociation entre les acteurs.

L’Etat doit rencontrer les besoins structurels et communs à tous les citoyens. La protection sociale, l’enseignement ou la culture sont des exemples emblématiques de l’action du secteur public qui est utilement articulée aux activités spécifiques développées en parallèle par le monde associatif.

Le monde associatif (associations, pouvoirs organisateurs, ONG, économie sociale…) est le partenaire de l’action publique, chacun restant dans son rôle en vertu des principes du pacte associatif (subsidiarité, etc.) que nous défendons. Le secteur associatif est le complément d’un secteur public fort, efficace et suffisamment financé.
Il est porteur de sens et vecteur de participation citoyenne. Le secteur associatif est pluriel et dynamique. Il vit à travers les milliers de femmes et d’hommes qui se vouent à un idéal de vie en société. Qu’il s’agisse d’entourer des personnes handicapées ou de soigner des malades, d’organiser un enseignement, d’assurer une formation permanente ou d’organiser des mouvements de jeunesse, les activités de ce secteur sont toujours centrées sur l’humain. Elles participent indiscutablement à la construction d’une société plus solidaire et à la formation d’une réelle richesse porteuse de confiance et d’espoir. Le secteur associatif est un corps intermédiaire indispensable dans les relations entre les citoyens et l’Etat.

Nous prônons une société ouverte et accueillante, respectueuse notamment de toutes les convictions philosophiques. Nous rejetons toute forme d’extrémisme et d’intolérance. Nous refusons tout intégrisme religieux et philosophique ainsi que les extrémismes politiques. La démocratie requiert une éthique en politique. Les mandataires se doivent de gérer les deniers publics en bons pères de famille.

Nous visons un développement durable de la planète mais aussi de notre société. A notre niveau, nous devons ainsi atteindre une croissance équilibrée de la production. Celle-ci doit être partagée par le plus grand nombre. Elle doit viser l’accès de chacun au monde du travail. Elle doit aussi être soutenable à long terme. L’économie doit être au service de l’humain. Le champ économique reste notre premier chantier pour instaurer le principe d’égalité et renforcer les mécanismes de solidarité. Au niveau global, nous devons devenir de véritables gestionnaires de la Terre, des responsables du partage. En matière d’environnement, il faut définir une politique responsable et volontariste et qui s’appuie, en fonction des situations et des secteurs, sur les différents instruments disponibles : éducation, prévention, sensibilisation, tarification, incitants, normes et fiscalité.

Un système éducatif performant, porteur de sens et réellement accessible doit être le lieu par excellence de la correction de nombreuses inégalités. Le financement de ce secteur doit être suffisant et pérenne. Les formations de base et continue sont à la fois un droit et un devoir pour chacun.

Nous souhaitons accélérer le développement économique et social de nos régions. Il est nécessaire tant à Bruxelles qu’en Wallonie. Nous voulons augmenter le nombre d’emplois dans nos régions, en assurer un partage plus large et améliorer la qualité des emplois.

Une protection sociale forte pour tous constitue un des fondements d’une Nation. Nous ne pouvons rendre le citoyen responsable de sa mauvaise santé, de son chômage ou de sa situation financière précaire. L’accès à des soins de santé de qualité et l’aide matérielle constituent des droits universels. La garantie de revenu minimum (compatible avec le respect de la dignité de chacun) est essentielle. La liaison des allocations sociales au bien-être doit être établie d’urgence. Chacun doit disposer de droits personnels en sécurité sociale.

Nous prônons un financement structurel suffisant de la Sécurité sociale qui repose sur toutes les formes de revenus, par exemple au moyen d’une contribution sociale généralisée et d’un précompte mobilier européen. L’équilibre budgétaire des soins de santé doit être maîtrisé sans alourdir la charge des patients. Ces derniers doivent prendre part à un large débat public sur l’établissement de priorités en soins de santé. Nous exigeons le maintien du socle de l’assurance obligatoire dont l’assise reste le meilleur rempart contre la privatisation.
Le caractère fédéral de la Sécurité sociale doit être intégralement maintenu.

Dans une optique de solidarité entre les générations, nous souhaitons aussi assurer la viabilité à long terme de la Sécurité sociale. En matière de pensions, le premier pilier doit assurer à tous un niveau de vie décent ; le deuxième pilier doit être solidarisé et l’encouragement fiscal au troisième pilier doit être supprimé. La politique en faveur des personnes âgées ne peut toutefois se résumer à ces considérations financières. En particulier, nous encourageons une formation continue qui permette aux seniors une participation de qualité à la vie sociale. Afin de rencontrer les enjeux du vieillissement démographique, une assurance dépendance doit être organisée au niveau fédéral. Il s’agit essentiellement de rendre accessibles l’ensemble des aides non médicales dans le but de favoriser, autant que possible, le maintien des personnes en perte d’autonomie à leur domicile.

A l’instar de l’enseignement et de la santé, la vie culturelle et l’éducation permanente font partie des besoins fondamentaux. Disposer d’un niveau de vie modeste ne peut constituer un obstacle pour accéder à un certain nombre de “services culturels universels”.

Le droit au logement est aussi fondamental. Nous revendiquons l’accès à un logement décent pour chacun. Un certain nombre de services d’utilité publique constituent également des droits fondamentaux : accès à l’eau, à l’électricité, au chauffage, aux moyens de transport en commun ainsi qu’aux moyens de communication.

Les technologies doivent être au service des hommes. Les technologies de l’information et de la communication doivent être à la disposition de tous et nous devons éduquer les enfants à leur usage. Dans les domaines des techno-sciences qui suscitent des enjeux sociétaux, l’éthique peut nous servir de guide. Si la concrétisation de rêves, parfois les plus fous, semble de plus en plus possible, cela ne signifie pas pour autant que tout est permis. Il existe des valeurs qui transcendent les aspirations humaines et elles doivent guider nos pas dans l’ouverture et la tolérance.

Sur le plan institutionnel, nous sommes favorables au maintien et au renforcement d’une Belgique fédérale allant de pair avec une simplification au bénéfice des citoyens. Il nous paraît à cet égard indispensable d’assurer le développement économique et social de la Wallonie et de Bruxelles et de repenser les contours de celui-ci à Bruxelles. Une coopération forte entre nos régions et la Communauté française est également nécessaire. Nous souhaitons aussi progresser vers une Europe des citoyens. Nous sommes partisans d’une Europe sociale forte. La lutte contre la misère est primordiale. Les politiques initiées par l’Union européenne doivent contribuer à une société plus solidaire, plus humaniste et plus responsable.

La coopération au développement doit être intensifiée avec pour finalité le développement des pays concernés. Les objectifs du Millénaire pour le développement doivent être intégralement respectés (notamment atteindre 0,7 % du PIB pour l’aide au développement au plus tard à partir de 2010). Cette coopération doit prendre notamment la forme d’une annulation de la dette extérieure des pays les plus pauvres et s’accompagner de la mise en place d’institutions politiques démocratiques et du respect de droits sociaux fondamentaux tels l’interdiction du travail des enfants et leur accès à l’éducation.
Nous sommes favorables à l’application d’une taxe Tobin au niveau mondial.

Adopté à Namur en Assemblée générale le 26 février 2005.

  

A lire aussi

Actualités

Le nouveau numéro de la revue est sorti !

Numéro 25 #occupygezi : les raisons de la contestation

Sortie du numéro 22 de la revue

Le dernier numéro d’ "Humanisme & Solidarité" est sorti, n’hésitez pas à (...)