N° 24 Lieux de vies aînés

Edito

« La crise commence », c’est une citation tirée d’une
interview de Philippe Maystadt, publiée par l’hebdomadaire,
aujourd’hui disparu, « Pourquoi Pas ? » daté
du 3 octobre 1984. Il était à l’époque ministre du Budget,
de la Politique scientifique et du Plan, dans un gouvernement
Martens (chrétien-libéral).

Trente ans plus tard, pas un jour ne se passe sans que
le mot « crise » ne sorte de la bouche de responsables
politiques, économiques, sociaux…
En relisant cette interview, j’ai été frappé par l’actualité
de ces propos. En 1984, alors que la crise durait déjà
depuis dix ans, Philippe Maystadt y déclarait : « Il existe
une double illusion. C’est d’une part qu’on peut sortir
de la crise, d’autre part que le gouvernement a un
rôle déterminant pour ce faire ».

Depuis quarante ans, nous vivons une crise quasi permanente
avec parfois une éclaircie. Quarante années
émaillées de discours idéologiques tant de gauche que
de droite. « La seule promesse qu’un gouvernement
puisse tenir, c’est d’essayer de faire le moins de bêtises
possible » disait-il.
Et pourtant. Sous l’ère Verhofstadt -Reynders, le gouvernement
libéral-socialiste – tellement heureux
d’avoir rejeté les sociaux-chrétiens dans l’opposition –
a préféré diminuer les impôts que de diminuer la dette.
Sans cela, la dette de la Belgique serait tombée à 70%
du PIB, selon des experts. Une bêtise qui nous handicape
aujourd’hui.

Aujourd’hui comme hier, on peut s’interroger sur la
notion même de crise, car c’est une erreur de se référer
aux « Golden sixties », comme si c’était là une situation
normale.

Une crise de quarante ans n’est pas une crise, mais un
changement profond de société. La vocation des partis
politiques n’est pas de clamer qu’ils ont la solution,
mais d’essayer de créer les conditions pour que la
société elle-même trouve une solution.
Comme le disait Philippe Maystadt en octobre 1984,
« c’est dans la société elle-même qu’il faut trouver les
réponses aux problèmes ».

André-Marie Douillet
Secrétaire de rédaction

Autres Numéros